L'opération "Tous au Restaurant" vient de se terminer
et nous voilà à l'heure du bilan !
Sur Paris, une grande difficulté à pouvoir réserver, serveur web surchargé,
téléphone qui sonne dans le vide, détenteurs de la carte American Express en privilégiés
ayant surbookés les réservations à l'avance et finalement laissant des places vides
à la dernière minute ou bien des restaurateurs ayant fait un trop faible quota
de places attribuées à cette opération dans leur salle.
Nous (
Anne,
Amélie et
Laurent) , il nous aura fallut presque trois heures de coups de fils,
de mails pour parvenir à booker 4 couverts dans la capitale sur notre 4ème choix !

Difficile pour ce chef trentenaire, courageusement installé depuis cinq ans, dans une rue tranquille du 17 ème arrondissement, d'avoir vu s'implanter juste en face de lui,
D'ailleurs depuis deux ans, il a redonné des couleurs et de la vie à son restaurant
en refaisant le décor en plus cosy et chic, largement inspiré par son épouse.
Sans chercher les étoiles ou le buzz, ce chef fait simplement son travail quotidien,
dans sa cuisine taille kitchenette et à l'abri des regards des clients.
Il est loin de la cuisine déstructurée, de la mini-portion et de l’ère du temps
mais il aime les beaux produits qu'il cuisine, il s’aventure dans l'utilisation des épices,
à l'heure ou beaucoup de jeunes cuisiniers les délaissent et ose la couleur dans ses plats.
Deux petites salles en L où l'espace est maximisé avec intelligence tout en laissant de l'intimité,
dans la mesure du possible, notamment pour les tables de 3 ou 4 couverts.
Des tons neutres, de beige, sable ou blanc occupent l'oeil , juste relevés par l'imprimé fougère
des banquettes confortables et une pointe verte pomme ici ou là.
Les nappes lourdes de coton blanc fraîchement repassées et le service un peu lent et empesé
donnent le ton de "bonne maison", un peu gâché par de la vaisselle Guy Degrenne,
somme toute assez banale ou peu fonctionnelle.
Mon choix dans ce menu éphémère se portera vers des saveurs franches, méditéranéennes, exécutées avec une explosion de couleurs peu fréquente
dans la gastronomie contemporaine.
Je lui reprocherai peut être un léger excès dans la quantité des épices
ou comme dans le dessert, une trop grande multiplicité de saveurs.
L'entrée est parfaite, un oeuf bio mollet juste cuit sur un concassé de tomates
anciennes, du chorizo excellent croustillant et quelques fleurs de câpres,
habillé d'une bonne huile d'olive.
C'est goûteux, simple et satisfaisant pour le moral !
Le plat se fera croustillant par le kadaif qui entoure de moelleuses sardines fraîches,
déposées sur un lit de potimarron à la badiane, un peu trop marqué
et des carottes rouge ou jaunes crues/cuites.
Un peu trop de carottes dans ce plat et aucun intérêt d'avoir des carottes cuites
car le potimarron suffit à donner du souple en bouche pour contraster avec le croquant
des carottes crues et le croustillant du kadaif.
Le dessert est chatoyant et marqué en bouche.
Il faut passer de la menthe poivrée en sorbet à la subtilité de la peche de vigne à la vanille
et au muscovado réglissée de la madeleine, sans oublier le croquant des deux sablés.
Beaucoup trop de saveurs en même temps tue la délicatesse visuelle de ce dessert
et c'est dommage !
Mes compagnons de table n'ont pas eu le même avis que moi,
car la face B de ce menu a été moins convaincant !
Une entrée plus fade et moins travaillée, de la pâte à ravioles épaisse et parfois pas assez cuite,
un curry vert trop timide ou finalement pas présent (?), des figues annoncées rôties qui seront pochées dans du vin rouge épicé peu réduit et une association étrange avec un sorbet à la verveine citronnelle, goûteux en lui même mais déplacé dans ce dessert.
Le café (4.50 euros) sera accompagné de mignardises toutes épicées
pâte de fruit au fruit de la passion acidulée, financiers à la badiane trop forte
et des guimauves à la cardamome que j'ai beaucoup aimé
car il donne un petit coté indien à cette fin de repas.
Prévoir 7 euros pour un verre de vin et 7 euros la bouteille d'eau.
Le mot de la Fin:
Ce restaurant proposait à tous ce menu au cours de la semaine
"Tous au Restaurant" même si la réservation n'avait pas été faite dans ce sens
et n'avait pas de quota de places pour cela. Il faut saluer cette excellente initiative.
En temps normal, le menu déjeuner est à 24 euros, le menu découverte (6 plats ) à 75 euros
et le menu truffe (6 plats) 140 euros. A la carte, comptez entre 85 et 120 euros hors boisson.
Les Fougères
10 rue Villebois-Mareuil
75017 Paris
01 40 68 78 66